ECHOS DE PHILOSOPHIE IMMORTELLE

 

 

                                                     PLATON

 

            Maintenant nous devons, ce semble, tâcher de découvrir et de montrer quel vice intérieur empêche les cités actuelles d’être organisées comme nous disons, et quel est le moindre changement possible qui les conduira à notre forme de gouvernement : de préférence un seul, sinon, deux, sinon les moins nombreux et les moins importants qu’il se puisse.

            Parfaitement.

            Or nous croyons pouvoir montrer qu’avec un seul changement les cités actuelles seraient complètement transformées ; il est vrai que ce changement n’est ni peu important, ni facile, mais il est possible.

            Quel est-il ?

            Me voici arrivé à ce que nous comparions à la plus haute vague : mais la chose sera dite, dût-elle, comme une vague en gaieté me couvrir de ridicule et de honte. Examine ce que je vais dire.

            Parle.

            Tant que les philosophes ne seront pas rois dans les cités, ou ceux qu’on appelle aujourd’hui rois et souverains ne seront pas vraiment et sérieusement philosophes ; tant que la puissance politique et la philosophie ne se rencontreront pas dans le même sujet ; tant que les nombreuses natures qui poursuivent actuellement l’un ou l’autre de ces buts de façon exclusive ne seront pas mises dans l’impossibilité d’agir ainsi, il n’y aura de cesse, mon cher Glaucon, aux maux des cités, ni, ce me semble, à ceux du genre humain,et jamais la cité que nous avons décrite tantôt ne sera réalisée, autant qu’elle peut l’être, et ne verra la lumière du jour. Voilà ce que j’hésitais depuis longtemps à dire, prévoyant combien ces paroles heurteraient l’opinion commune. Il est en effet difficile de concevoir qu’il n’y ait pas de bonheur possible autrement, pour l’Etat et pour les particuliers.

                                                                                                                                                                                    Platon, La République, Livre V, GF Flammarion

 

 

                                                        AÏVANHOV

 

            Mais supposez qu’il y ait dans l’avenir des créatures qui luttent, qui sacrifient tout pour arriver à réaliser un idéal sublime, vous verrez ensuite combien elles seront recherchées, appréciées, aimées. Et c’est ainsi que le Royaume de Dieu peut venir sur la terre. S’il n’est pas venu pour le moment, c’est que la majorité de ceux qui gouvernent dans le monde n’ont pas de haut idéal. Ils ne sont ni tellement bêtes, ni tellement fous, vous comprenez, pour avoir des buts aussi sublimes ! Ils préfèrent profiter de la situation. Mais si un jour certains se décident à réaliser cet idéal quoi qu’il arrive, alors croyez-moi, ce sera la vraie puissance, la vraie lumière, la vraie beauté.

            Seuls, les sages, les Initiés, les grands Maîtres qui avaient asservi leur personnalité ont pu laisser se manifester leur nature divine et léguer à l’humanité une oeuvre inoubliable, éternelle, ineffaçable. De tels êtres ont toujours existé – l’histoire nous en a conservé le souvenir – mais ils sont trop peu nombreux en comparaison de toutes ces personnalités qui peuplent la terre et donnent libre cours à leurs instincts inférieurs, la cupidité, l’hostilité, la vengeance. Quand des êtes pareils ont des responsabilités politiques dans un pays, ils ne peuvent faire que des victimes. Voilà pourquoi les guerres ne s’arrêteront jamais : à cause de cette philosophie de la personnalité. Tant que les hommes ne changeront pas de philosophie, il ne pourra jamais se produire de véritables améliorations : il y aura toujours quelque part dans le monde des guerres et des misères.

 

            Si le royaume de Dieu n’est pas encore venu sur la terre, c’est que tous travaillent pour une politique inspirée par la personnalité. Oui, quand j’analyse les buts de la politique, je vois qu’ils sont toujours médiocres. Ah! évidemment ils sont présentés un peu embellis et ornés pour épater la galerie. Mais en réalité souvent cela revient à dire : lève-toi, que je m‘assoie à ta place. Tous les mêmes ! Mais peu à peu on s’apercevra qu’on ne peut pas faire des violons avec n‘importe quel bois, il faut trouver le bois convenable. Oui, les hommes politiques doivent être préparés, instruits dans les Écoles initiatiques, sinon ils continueront à entraîner les peuples à la catastrophe.

            … Les annales de la Science initiatique rapportent que beaucoup d’humanités ont disparu et que certaines parmi elles, comme la race des Atlantes par exemple, avaient une culture et une technique beaucoup plus avancées que les nôtres. Si elles ont disparu, c’est à cause de cette tendance de la personnalité qui pousse les humains à vouloir tout dominer et asservir par la violence.

                                                                                                                                           Aïvanhov, L’égrégore de la Colombe ou le règne de la paix. éd. Prosveta

 

 

 

                                                        PLATON

 

            Voilà quelle était la grandeur et la nature de la puissance qui existait à cette époque dans la contrée en question, et voici d’autre part pour quel motif, d’après la tradition, le Dieu l’assembla pour la diriger contre nos contrées. Pendant de multiples générations, aussi longtemps que la nature du Dieu suffit à les inspirer, les Atlantes restèrent dociles à la voix de sa législation et favorablement disposés à l‘égard du fondement divin de leur mutuelle parenté. Ils avaient en effet des façons de penser pleines de vérité et grandioses à tous égards ; ils se comportaient avec une mansuétude accompagnée d’intelligence, aussi bien envers les constantes vicissitudes de la vie, que les uns envers les autres. Aussi, regardant de haut toutes choses à l’exception de la vertu, ils jugeaient sans importance les conditions présentes de leur vie, et la masse de leur or et le reste de leurs biens étaient pour eux une charge à supporter ! Au contraire, comme ils ne se laissaient pas enivrer par la mollesse issue de leur fortune, ils ne tombaient pas, faute d’être maîtres d’eux-mêmes, dans les égarements de la mauvaise conduite; mais, d’une vue claire et pénétrante, ils observaient que tous ces avantages s’accroissent par l’effet de cette amitié qui, avec l’accompagnement de la vertu, en rend commun le bienfait ; tandis que le zèle et l’estime dont ils sont l’objet les font eux-mêmes diminuer et qu’ils s’anéantissent simultanément avec l’amitié vertueuse dont je parlais. Du fait donc que les Atlantes faisaient ce calcul et que subsistait en eux le caractère divin de leur naturel, tous les avantages que nous avons auparavant passés en revue s’accroissaient pour eux.

            Mais quand vint à se ternir en eux, pour avoir été mélangé, et maintes fois, avec maint élément mortel, le lot qu’ils tenaient du Dieu ; quand prédomina chez eux le caractère humain, alors impuissants désormais à porter le poids de leur condition présente, ils perdaient toute convenance dans leur manière de se comporter, et leur laideur morale se révélait à des yeux capables de voir, puisque, entre les biens les plus précieux, ils avaient perdu ceux qui sont les plus beaux ; tandis qu’à des yeux incapables de voir le rapport d’une véritable vie avec le bonheur, ils passaient justement pour être beaux en tout au suprême degré et pour être bienheureux, remplis comme ils étaient d’injuste cupidité et de puissance .C’est alors que le Dieu des Dieux, lui qui règne au moyen de lois et dont la qualité est d’être capable de d’observer ce genre de choses, songeant à quel point de dépravation en était venue une race excellente, prit le parti de lui imposer un châtiment, afin de la faire rentrer dans la mesure par la leçon qu’il lui aurait infligée. Il assembla donc tous les Dieux dans celles de leurs demeures qui a le plus de prix, celle précisément qui, se trouvant au centre du monde entier, a vue sur tout ce qui participe du Devenir, et, une fois qu’il les eut assemblés, il leur tint ce langage…

 

                                     Le manuscrit de Platon s’arrête ici.

                                                                                                                                                                Platon, Critias, traduction Léon Robin, Pléiade, nrf

 

 

 

                                                  LÉONARD DE VINCI

 

            Ô vous qui étudiez, étudiez les mathématiques et ne construisez pas sans fondements.

            Qu’il ne me lise pas celui qui n’est pas mathématicien car je le suis toujours dans mes principes.

 

            Aucune démonstration humaine ne peut s’intituler véritable science, si elle ne passe par la démonstration mathématique.

 

 

                                               PLATON

 

            Dès lors, repris-je, nous poserons comme nécessaire au guerrier la science du calcul et des nombres.

Elle lui est tout à fait indispensable s’il veut entendre quelque chose à l’ordonnance d’une armée, ou plutôt s’il veut être homme.

Maintenant, demandai-je, fais-tu la même remarque que moi au sujet de cette science ?

Laquelle ?

Qu’elle pourrait bien être une de ces sciences que nous cherchons et qui conduisent naturellement à la pure intelligence ; mais personne n’en use

comme il faudrait, quoiqu’elle soit parfaitement propre à élever jusqu’à l’être.

            Et le nombre et l’unité, dans quelle classe les ranges-tu ?

Je ne sais, répondit-il.

Eh bien ! juges-en d’après ce que nous venons de dire. Si l’unité est perçue en elle-même, de façon satisfaisante, par la vue ou par quelque autre sens, elle n‘attirera pas notre âme vers l’essence, non plus que le doigt dont nous parlions tout à l’heure ; mais si la vue de l’unité offre toujours quelque contradiction, de sorte qu’elle ne paraisse pas plus unité que multiplicité, alors il faudra un juge pour décider ; l’âme est forcément embarrassée, et, réveillant en elle l’entendement, elle est contrainte de faire des recherches et de se demander ce que peut être l’unité en soi ; c’est ainsi que la perception de l’unité est de celles qui conduisent et tournent l’âme vers la contemplation de l’être.

                                                                                                                                       Platon, La République, livre VII, traduction Robert Baccou, GF Flammarion

 

 

                                                        AÏVANHOV

 

            Depuis des temps très anciens, les hommes ont cherché un langage à la fois universel et symbolique, et leurs recherches les ont amenés à découvrir des images, des symboles qui expriment, en les réduisant à l‘essentiel, les réalités les plus riches et les plus complexes.

            Vous aussi vous pouvez faire cette expérience. Si vous méditez longtemps, très longtemps sur un sujet, vous verrez que dans votre subconscience ou votre superconscience va se cristalliser une forme symbolique, celle d’un objet ou d’une figure géométrique, qui correspond absolument à l‘idée, à la pensée, à la vérité qui vous préoccupe. D’ailleurs c’est ainsi que s’expliquent les rêves. Par une partie de son être, l’homme est lié à tout le cosmos, il vit et vibre avec l’Âme cosmique, l’Âme universelle ; il est donc en contact avec le monde des archétypes, des principes, des lois. Si vous méditez sur certaines vérités qui se trouvent très haut dans le plan causal, il se produit un mouvement de votre être et une forme symbolique apparaît à votre conscience. La réponse à des questions que vous vous posez peut apparaître aussi sous la forme d’un symbole que vous devez interpréter.

 

                                                                                                                                                   Aïvanhov, Le langage des figues géométriques, éditions Prosveta

 

 

                                                           PLATON

 

            S’il n’y avait qu’un seul Éros, cela irait bien, mais en fait il n’y a pas un seul Éros. Et, comme il n’y a pas un seul Éros, il convient d’indiquer au préalable lequel doit être l’objet de l’éloge. Pour ma part, je vais donc essayer d’opérer cette rectification. Dans un premier temps, je vais indiquer de quel Éros on doit faire l’éloge, puis je vais prononcer un éloge qui soit digne de ce dieu.

            Tout le monde sait bien qu’il n’y a pas d’Aphrodite sans Éros. Si donc il n’y avait qu’une seule Aphrodite, il n’y aurait qu’un seul Éros ; mais puisqu’il y a bien deux Aphrodites, il s’ensuit nécessairement qu’il y a aussi deux Éros. Comment nier qu’il y ait deux Aphrodites ? L’une, qui est sans doute la plus ancienne, et qui n’a pas de mère, c’est la fille d’Ouranos, celle que naturellement nous appelons la « Céleste ». L’autre, la plus jeune, qui est la fille de Zeus et de Dionè, c’est celle que nous appelons la « Vulgaire ». Tout naturellement, la correction impose que l’Éros qui coopère avec l’une soit appelé le « Vulgaire » et que celui qui coopère avec l’autre soit appelé le « Céleste ».

 

                                                                                                                                                      Platon, Le Banquet, traduction Luc Brisson. GF Flammarion

 

 

                                                         AÏVANHOV

 

            Car les planètes possèdent deux aspects opposés : Mars, qui peut être colère et agressivité, se manifeste également comme courage, activité, dynamisme, esprit chevaleresque qui lutte pour protéger ceux qui sont faibles. Et Vénus ne se manifeste pas uniquement comme amour égoïste, sensuel, mais aussi comme amour spirituel. Chaque planète possède donc deux maisons, l’une dans la partie inférieure du schéma, l’autre dans la partie supérieure.

Vénus et Mars qui, dans la partie inférieure, occupent les signes du Taureau et du Scorpion, occupent, dans la partie supérieure, les signes de la Balance et du Bélier. Or, sur le cercle du zodiaque, le Bélier est opposé à la Balance et le Taureau est opposé au Scorpion. Étudions donc ces deux axes.

Chaque axe relie un pôle positif, masculin, à un pôle négatif, féminin. Ici, Vénus, qui est le pôle féminin, est liée à Mars, le pôle masculin. Placés l’un en face de l’autre, le principe masculin et le principe féminin ne restent pas inactifs, ils se stimulent, s’exaltent, agissent l’un sur l’autre. Faites cette expérience : fixez quelques instants une surface rouge et dirigez ensuite votre regard sur un fond blanc, vous verrez apparaître du vert. Et, inversement, si vous fixez du vert, c’est le rouge qui apparaîtra. Or, le rouge est la couleur de Mars et le vert celle de Vénus. Grâce à la connaissance de ce phénomène, nous pouvons mieux comprendre les causes de certaines manifestations psychiques. Lorsque vous agissez sur le Taureau, celui-ci entraîne bientôt des manifestations du Scorpion, et inversement. Lorsque vous agissez avec le Bélier, il se produit nécessairement les manifestations de la Balance, et inversement aussi, car il existe un lien entre ces constellations.

            Vénus en Taureau pousse les êtres à rechercher l’amour physique et tous les plaisirs des sens, mais après un certain temps, à cause de cette liaison qui existe entre les deux planètes, ils ressentent obligatoirement les influences de Mars dans le Scorpion. Et lorsque Mars arrive, il entraîne avec lui les querelles, la violence et la destruction. Oui, celui qui s’abandonne aux emportements de l’amour physique finit par se montrer dur, agressif et même cruel. Inversement, celui qui laisse se déchaîner en lui la violence et l’agressivité devient très vite la proie de l’instinct sexuel. On voit tout cela pendant les guerres.

            Dans le plan supérieur où Vénus se manifeste comme amour désintéressé, bonté, abnégation, beauté, Mars agit aussi,mais il ne vient pas bouleverser ou détruire, il vient sauvegarder, soutenir, renforcer tout ce qui est bon en nous et dans les autres. C’est une loi absolue. Celui qui est habité par l’amour spirituel ne peut pas tomber dans la violence, au contraire, il attire les forces positives et bienfaisantes de Mars. Et si c’est Mars qui se manifeste le premier en vous par des efforts de domination, de maîtrise des passions,de courage dans les épreuves, à ce moment-là, l’amour de Vénus viendra dilater votre âme et vous fera goûter la vie éternelle.

 

                                                                                                                                                                    Aïvanhov, Approche de la Cité céleste,éditions Prosveta

 

 

                                               LÉONARD DE VINCI

            Celui qui aime reçoit son mouvement de l’être aimé comme le sens du sensible. Ensemble, ils s’unissent et ne forment plus qu’une seule chair.

 

                                   L’amour triomphe de tout.

 

                                                    PLATON

            Aujourd’hui, ceux qui s’appliquent à la philosophie sont des jeunes gens à peine sortis de l’enfance ; dans l’intervalle qui les sépare du temps où ils s’adonneront à l’économie ou au commerce, ils abordent sa partie la plus difficile – je veux dire la dialectique- puis abandonnent ce genre d’études ; et ce sont ceux-là qu’on regarde comme des philosophes accomplis. Par la suite, ils croient faire beaucoup d’assister à des entretiens philosophiques, lorsqu’ils en sont priés, estimant qu’il ne saurait s’agir là que d’un passe-temps. La vieillesse approche-t-elle ? à l’exception d’un petit nombre, leur ardeur s’éteint bien plus que le soleil d’Héraclite, puisqu’elle ne se rallume pas.

            Et que faut-il faire ? demanda-t-il.

            Tout le contraire : donner aux adolescents et aux enfants une éducation et une culture appropriées à leur jeunesse ; prendre grand soin de leur corps à l‘époque où il croît et se forme, afin de le préparer à servir la philosophie ; puis quand l’âge vient où l’âme entre dans sa maturité, renforcer les exercices qui lui sont propres; et lorsque les forces déclinent, et que le temps est passé des travaux politiques et militaires, libérer dans le champ sacré, exempts de toute occupation importante, ceux qui veulent mener ici-bas une vie heureuse et, après leur mort, couronner dans l’autre monde la vie qu’ils auront vécue d’une destinée digne d’elle.

            En vérité tu me sembles parler avec zèle, Socrate ; je crois cependant que tes auditeurs mettront plus de zèle encore à te résister, n’étant pas convaincus le moins du monde, à commencer par Thrasimaque.

            Ne va pas nous brouiller, m’écriai-je, Thrasimaque et moi, qui sommes amis depuis peu − et qui n’avons jamais été ennemis. Nous ne négligerons aucun effort tant que nous ne serons pas arrivés à le convaincre, lui et les autres, ou du moins à leur faire quelque bien en vue de cette vie à venir, où nés sous une forme nouvelle, ils participeront à de pareils entretiens.

            Tu parles là d’un temps bien proche !

            Et qui n’est rien, repris-je, par rapport à l’éternité. Que, néanmoins, la plupart des gens ne se laissent pas persuader par ces discours, il n’y a rien là de surprenant ; car ils n’ont jamais vu se produire ce que nous disons, mais bien plutôt n’ont entendu là-dessus que des phrases d’une symétrie recherchée, au lieu de propos spontanément assemblés comme les nôtres.

                                                                                                                                                Platon, La République, livre VI, traduction R.Baccou, GF Flammarion.

 

 

                                                       LÉONARD DE VINCI

 

             L’âme ne peut jamais être affectée par la corruption du corps.                                                                               Nul être ne va au néant.

 

 

                                                       AÏVANHOV

 

            « Mais, direz-vous, il n’y a aucune trace de l’idée de réincarnation dans les Évangiles. » Eh bien, c’est là que vous vous trompez. Bien sûr, elle n’y est pas mentionnée explicitement, mais pour qui sait lire, c’est clair.

            Étudions dans les Évangiles certaines questions qui sont posées par Jésus ou ses disciples et les réponses données. Un jour, Jésus demande à ses disciples : « Qui dit-on que je suis ? » Que signifie cette question ? Est-ce que vous avez déjà vu des gens demander : « Qui dit-on que je suis ? » Et regardez la réponse des disciples : « Les uns disent que tu es Jean-Baptiste, les autres Elie, les autres Jérémie ou l’un des prophètes ». Comment peut-on dire que quelqu’un est tel ou tel autre qui est déjà mort depuis longtemps, si on ne sous-entend pas l’idée de réincarnation ?

            Une autre fois, Jésus et ses disciples rencontrent un aveugle de naissance, et les disciples demandent : « Rabbi, qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » Où donc cet homme aurait-il pu pécher avant sa naissance ? Dans le ventre de sa mère ? Ou c’est une question stupide, ou elle sous-entend que Jésus et ses disciples parlent d’une vie antérieure. Les disciples ont demandé si c’étaient les parents qui avaient péché, parce qu’ils avaient appris dans la loi hébraïque que chaque anomalie, chaque infirmité, chaque malheur est dû à une transgression des lois, mais que souvent une personne peut payer pour une autre, et donc, quand on voit quelqu’un dans le malheur, on ne peut savoir s’il expie ses propres fautes ou s’il se sacrifie pour un autre.

C’était là une croyance admise chez les Juifs. Tout ce qui peut arriver de mauvais étant le résultat d’une transgression, les disciples ont donc posé la question parce qu’ils savaient qu’un homme ne peut pas naître aveugle sans raison…ou seulement parce qu’il plaît à Dieu de le faire aveugle, comme l’imaginent les chrétiens. Et Jésus répondit : « Ce n’est pas lui ou ses parents qui ont péché, mais c’est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui », c’est-à-dire pour que, passant par là, je le guérisse et que le peuple croie en moi. Les hommes souffrent pour deux raisons : ou bien ils ont commis des péchés et sont punis, ou bien, sans avoir eux-mêmes commis de fautes, ils prennent le karma de certains autres, ils se sacrifient pour évoluer. Mais il existe une troisième catégorie qui a fini son évolution, qui est libre, et que rien n’oblige à redescendre sur la terre. Et souvent ils descendent parce qu’ils acceptent de supporter n’importe quelle maladie, souffrance ou infirmité, et même d’être martyrisés, afin d’aider les humains. Et bien, cet aveugle-né faisait partie de la troisième catégorie.

Et si vous n’êtes pas encore convaincus, voici encore d’autres arguments. Un jour, Jésus apprend que Jean-Baptiste vient d’être emprisonné, et le texte dit seulement : « Jésus, ayant appris que Jean avait été livré, se retira dans la Galilée ».Quelque temps après, Jean-Baptiste est décapité sur ordre d’Hérode. Après la Transfiguration, les disciples demandent à Jésus : « Pourquoi les scribes disent-ils qu’Elie doit revenir premièrement ? « Et Jésus répond : « Il est vrai qu’Elie doit venir et rétablir toute chose, mais je vous dis qu’Elie est déjà venu, qu’ils ne l’ont pas reconnu et qu’ils l’ont traité comme ils l’ont voulu ». Et le texte ajoute : « Les disciples comprirent qu’il parlait de Jean-Baptiste ». Donc il est clair que Jean-Baptiste était la réincarnation d’Elie.

                                                                                                                                                                Aïvanhov, Le véritable enseignement du Christ, éditions Prosveta

 

                                                      LÉONARD DE VINCI

 

             Je laisse sans y toucher les Saintes Écritures car elles sont la Suprême Vérité.

 

                                                            AÏVANHOV

 

            Aucun livre ne peut nous apprendre des vérités plus essentielles que les Évangiles. Vous répondrez : « Nous les avons lus et n’y avons rien trouvé. C’est pourquoi nous cherchons maintenant dans d’autres religions : chinoise, hindoue, japonaise, musulmane…» Bien, mais c’est simplement parce que vous n’avez rien compris de l’incommensurable sagesse qui se trouve dans les Évangiles écrits pour vous, que vous allez chercher la lumière dans des enseignements qui ne vous sont pas destinés ! Oui, je sais, on est saturé de textes connus, on a envie de changer un peu de nourriture. Mais il est dangereux d’aller la chercher dans des enseignements que vous ne comprenez pas, qui ne sont pas faits pour votre structure, pour votre mentalité. Ce qui est pour vous, c’est l’enseignement du Christ. Vous ne l’avez ni lu sérieusement, ni médité. Vous cherchez autre chose, c’est vrai, mais dans quel but ? Très souvent, on suit un enseignement oriental pour s’en glorifier devant les autres, jeter de la poudre aux yeux, ou simplement se singulariser à ses propres yeux. Mais ça ne sert à rien, ça prouve seulement qu’on aime les extravagances et non la simple vérité. On quitte le Christ, mais pour suivre qui ?

                                                                                                                                                      Aïvanhov, Nouvelle lumière sur les Évangiles, éditions Prosveta

 

                                                       LÉONARD DE VINCI

 

                                         Il faut contempler ; il faut penser.

                                      Qui pense peu se trompe beaucoup.

 

N.B : Je ne suis pas en mesure de préciser de quels manuscrits sont extraites les citations de Léonard, je les ai notées lors d’une balade au Clos- Lucé au printemps 2008. Pour ce qui est de l’exactitude de ces paroles de sagesse, je fais confiance à ceux qui ont l’immense honneur de garder cette demeure emplie de l’esprit du maître.