Appel pour la paix des peuples

Ô vous peuples de France, de Russie, de Crimée

Ô vous peuples du Nord, de Méditerranée

Entendez-vous dans l’air le bourdon des avions

Entendez-vous de nuit qu’on ressort les canons

 

Ah, ne vous laissez pas entraîner dans la guerre

Comme on nous a déjà endoctrinés naguère

Pour enrichir encore les marchands assassins

À sacrifier nos vies, ce qu’il y a de plus saint

 

Ne soyons pas le jouet des manipulations

De ceux qui pour régner animent les nations

Les unes contre les autres avec des attentats

Du feu jeté aux poudres, des terreurs, des diktats

 

Ils rallument la mèche usée depuis cent ans

Au centre de l’Europe ou bien dans les Balkans

Ne soyons pas les dupes d’une telle infamie

S’ils disent «  Feu sur eux », dire : «  Quel ennemi ?

 

Je n’ai pas d’ennemi, ces hommes sont mes frères

Je ne verserai pas le sang pour vos frontières

Tel parle une autre langue, tel honore d’autres dieux

Cela ne me nuit pas. Que la paix soit sur eux. »

 

Et que le cœur obscur des lâches criminels

Qui fomentent la guerre partout à grande échelle

Soit percé de remords de vouloir tant de morts

Et traduit en justice, que l’on voie tous leurs torts.

 

le 11 février 2015

L'aigle au Soleil


Tandis que sur la terre, sous les nuées délétères
Les humains endormis oublieux de leurs dieux
S'agitent et se lamentent en proie à la matière
L'Aigle agile voyage en parcourant les cieux

Comme on ne le voit pas on le prendrait pour mort
Il ne fait aucun bruit son vol est silencieux
Ample et souple et secret, ses mouvements gracieux
Il tutoie le Soleil flambant dans son oeil d'or

Parfois dans les trouées entre les gris nuages
Il aperçoit en bas les malheurs les désastres
Comparant la misère à la splendeur des astres
Il se souvient de tout dans le miroir des âges

N'est-il pas vain d'agir, faut-il encor descendre ?
Apporter des rayons attrapés au Soleil
Chasser l'ombre si triste, secouer le lourd sommeil
Relever l'espérance étendue sous la cendre ?

Cette idée le submerge et tourne en son esprit
Comme il décrit dans l'air de grands cercles ouverts
De l'équateur au pôle, en été, en hiver
Aucun cri. Serait-il foudroyé ? Non, il prie.

1er septembre 2012

in Joie du Soleil, 2015

L'âme des animaux

Bêtes brunes ou rousses

Aux regards veloutés

Gambadant sur les mousses

Par les fougères dorées

 

Dans l’écrin de verdure

Sur le flanc des coteaux

Votre libre nature

Descend au bord des eaux

 

Où vous venez le soir

Quand le soleil décroît

Boire à cet arrosoir

Fontaine de la croix

 

Oiseaux charmants du ciel

Et vous doux papillons

Par la joie de vos ailes

Vous touchez les rayons

 

Que le soleil accorde

À grands traits de splendeur

La lune par les cordes

Répond avec candeur

 

Animaux dont la grâce

Signe la majesté

En vous point de grimace

Vous tombez sans broncher

 

Animaux prisonniers

Dans les fers et les cages

Privés de liberté

Massacrés quel saccage

 

Privés de la noirceur

Des nuits au son du cor

Privés de la douceur

De la vibrante aurore

 

Des brames quand se lève

La biche exubérante

De la jouissance brève

Des saillies odorantes

 

Du vent salé des mers

Du givre sur les cils

Du lait pris sous la mère

Des mouvements graciles

 

De la joie de courir

De la joie d’exister

Vous vivez pour nourrir

Les appétits grossiers

 

Ô humains ignorants

Absorbants nos souffrances

Digérez-vous le sang

Versé en abondance 

 

Pour vos repas coûteux

Pour vos dîners en ville

Vous nous trouvez goûteux

Pauvres tas d’imbéciles

 

En vous notre misère

Nos tremblements si fous

Se transforment en ulcères

En cauchemars de boue

 

Ce réservoir de haine

Au fond des abattoirs

On abat à la chaîne

La guerre est l’exutoire

 

De tant de violence

De tant de cécité

De votre outrecuidance

De tant de vies ôtées

 

20 octobre 2013

Extrait de JOIE DU SOLEIL de Sophie Desestoiles,

 éditions  Aigle Botté 2015

Dans les villes anciennes

Quand un vent me mène vers toi

Que je parcours toute ta ville

Dans la clarté et dans la joie

Je laisse au vent voler les fils

De mes pensées de mes émois

Afin qu’en arpentant les ruelles

Tu retrouves ce parfum de moi

Un cheveu doré qu’hirondelle

Un jour lointain te transporta

Et par ce signe m’annonça

Quand tu surplombais l’eau tranquille

Face au songe des nuits d’Orient

Face au château près d’une ville

Où tu m’accueillis  souriant

 

Le temps n’est rien pour ceux qui sèment

Des graines ailées d’espérance

Ce qui fut promis dans l’enfance

Est accordé après carême

Après les attentes et les doutes

Les vraies alarmes les fausses routes

 

Nous avions en nous la confiance

Qui provient de la connivence

Des cordes vibrant à l’unisson

Quand jadis nous nous unissions.

 

Le 12 septembre 2015