Hommage à une femme morte trop tôt et à deux écrivains disparus en 2017

Le vent vous crèvera

 

Le vent qui m’a porté

Le vent que j’ai chanté

Dans une nuit d’été

Était un vent de mort

Vous en voulez encore ?

 

Je remonte sur scène

Vous trouvez ça obscène ?

La justice est passée

Me lavant du passé

 

Après un purgatoire

De trois ou quatre années

Je remets ça en noir

Pour mieux vous fasciner

Ceux qui viennent me voir

Je veux les entraîner

Dans les noires profondeurs

Qui absorbent mon cœur

 

Ils ont choisi ma cause

Partageant ma détresse

Le noir contre le rose

Tant pis pour la faiblesse

Les forts ont des épaules

Un bras long et puissant

Me voici dans mon rôle

Mon nom vaut de l’argent

 

Et bien d’autres que moi

Ont démoli des filles

Pourquoi toujours vers moi

Vos yeux calmes et tranquilles

Me jugent et me reprochent

Quand j’ai purgé ma peine

Ces vieux coups de taloche

Dans l’alcool et la haine

 

Je remonte sur scène

Vous trouvez ça obscène ?

La justice est passée

Me lavant du passé

 

 

Le vent qui m’a porté

Le vent que j’ai chanté

Dans une nuit d’été

Était un vent de mort

Vous en voulez encore ?

 

 

 

Sophie Desestoiles, le 8 mars 2018

 En hommage à Marie Trintignant, Kristina Rady

et à toutes les victimes, femmes ou hommes,  de violences conjugales

 

Hommage à mon ami Gonzague disparu brutalement le 8 août 2017

Ce rapprochement avec Balzac, j'en ai eu conscience après des échanges avec lui pendant une douzaine d'années. Je l'ai revu fin juillet 2017 sur l'île de Ré, il m'a confirmé qu'il approuvait tout à fait ce que je publie sur lui, et c'est donc avec son accord réitéré que je me permets de publier ce qui suit, ainsi que quelques pages sur lui,sur le général Desaix et Balzac, dans mon livre intitulé, Et Si Platon avait raison, qui fait la synthèse de mes recherches.

  • Honoré de Balzac

  • Gonzague Saint Bris

Hommage à Gonzague

Dès votre enfance au Clos-Lucé
Votre esprit s’ouvrit aux beaux-arts
Ce château est plus qu’un musée
Y règne l’âme de Léonard

Glisser sur l’onde de la Loire
Sous le soleil de l’enfance
Lancer très haut le bel espoir
Et effeuiller l’Histoire de France

Malgré un séjour à Brighton
Vous jeune enfant en cet exil
Vous gardiez l’esprit qui s’étonne
Un œil brillant sous de longs cils

Dans le grand parc mimer la guerre
Et remonter le fil du temps
Juste pour jouer avec vos frères
Mais où sont les neiges d’antan ?

Rêver aux dames de jadis
Caché dans un réduit secret
Tendres étreintes paradis
Éduquent le très fin lettré

Parfois vous rêviez à Desaix
Le beau sultan de Bonaparte
Qui donna sa vie pour la paix
Nul ne sait quand il faut qu’on parte

Grand romancier et historien
Vous ressemblez tant à Balzac
Qu’il est aisé de faire le lien
Plus que la rime avec Gonzague

Et de surcroît bon orateur
Homme de culture et d’esprit
J’ai reconnu votre grand cœur
Pour vous ami ce soir je prie

 

le 9 août 2017 au soir

 

  • Jean d'Ormesson

  • Voltaire par William Blake

Hommage à Jean d'Ormesson

Un air de Voltaire

 

Parcourant l’œuvre de William Blake

Un portrait qu’il grava de Voltaire

Ce visage, mystère ou remake

Me fit dire, je ne veux le taire :

 

Ah ! ça, oui, je connais ce garçon,

Son fort long nez et son large front

Son œil si vif, son air polisson

Et son mordant contre les affronts.

 

Or je pensai sans contrefaçon

À un auteur à mille facettes 

Dont par humour je tairai le nom

Vous reconnaîtrez bien ses fossettes !

 

Ne va-t-il pas sous l’or des lambris

De l’air de Paris, du bel esprit

En habit vert et en cheveux gris

Doutant de Dieu que pourtant il prie ?

 

poème écrit à l'exposition William Blake, Paris, 1er mai 2009

publié le 6 décembre 2017